Corne de l’Afrique : préserver l’influence de Djibouti dans une région en recomposition
23 février 2026Tribune

Corne de l’Afrique : préserver l’influence de Djibouti dans une région en recomposition

Dans ce contexte, maintenir un conflit ouvert avec le Somaliland réduit nos marges diplomatiques et affaiblit notre capacité d’influence au moment même où la région se redessine. Les tensions prolongées limitent les options et exposent au risque de marginalisation.

L’annonce du 22 février 2026 relayée par l’AFP, selon laquelle le Somaliland se dit prêt à accorder des exclusivités minières et à proposer l’installation de bases militaires aux États-Unis, tout en approfondissant son partenariat stratégique avec Israël, confirme que la Corne de l’Afrique entre dans une phase de recomposition accélérée.

Cette évolution s’inscrit dans une dynamique plus large. L’instabilité persistante de la Somalie fédérale, la fragilité de ses institutions et les tensions internes alimentent des dynamiques de fragmentation. Parallèlement, la réalité du Proche-Orient, la guerre à Gaza, les attaques répétées des Houthis en mer Rouge et la sécurisation accrue des voies maritimes internationales renforcent les repositionnements stratégiques autour de Bab-el-Mandeb.

La mer Rouge est redevenue un espace central de rivalités sécuritaires et d’enjeux globaux. Les décisions prises aujourd’hui dépassent les considérations locales : elles s’inscrivent dans des équilibres géopolitiques plus vastes.

Dans ce contexte, maintenir un conflit ouvert avec le Somaliland réduit nos marges diplomatiques et affaiblit notre capacité d’influence au moment même où la région se redessine. Les tensions prolongées limitent les options et exposent au risque de marginalisation.

Les réalités actuelles imposent du discernement. Elles exigent que Djibouti examine toutes les options avec calme, responsabilité et lucidité, afin de ne se retrouver ni exclu des recompositions en cours ni isolé dans un environnement stratégique mouvant.

Une diplomatie sûre d’elle-même ne s’appuie pas sur la crispation. Elle maintient des canaux ouverts, protège ses intérêts avec constance et agit avec sang-froid.

Je défends une ligne claire : Djibouti doit être un acteur du dialogue régional. Parler à tous les acteurs concernés ne signifie ni reconnaissance automatique, ni renoncement à nos principes. Cela signifie anticiper les évolutions, préserver notre centralité stratégique et éviter que les décisions qui redessinent la région ne se prennent sans nous.

Notre position au cœur des routes maritimes mondiales impose responsabilité et maturité. Dans une phase de mutation géopolitique, l’initiative diplomatique est la condition de notre influence.

Djibouti doit rester un acteur respecté, capable d’équilibre et de dialogue, dans une région qui se transforme rapidement.

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